Améliorer la relation avec mon cheval introverti : 3 stratégies

Comment savoir si j’ai un cheval introverti ou extraverti ? 

Quand on est face à un cheval plutôt introverti, on voit qu’il a parfois l’air calme alors qu’au fond il ne l’est pas. On peut avoir l’impression qu’il est un peu « dans la lune », ou qu’il ne prête pas trop attention à nous ou à son environnement. 
C’est souvent un cheval qui va avoir plus de facilité à ralentir qu’à accélérer (les extravertis, c’est plutôt l’inverse). 

Pour ma jument, Midnight Sun, son côté introverti se voyait par :

– le fait qu’elle ne venait pas facilement vers moi au pré, comme si elle s’en fichait de moi
– le fait qu’elle ne bougeait pas beaucoup au pré, ou très lentement, en s’économisant sur ses déplacements
– elle se fige et se crispe quand elle a peur, alors que les chevaux avec un fort pourcentage d’extraversion vont avoir tendance à fuir en détalant)
– si je lui demande d’accélérer (à pied, ou monté), elle ne va pas être très motivée (plus facile de ralentir que d’accélérer pour elle).
– la tendance à coucher les oreilles quand on lui demande un effort
– une tendance à exploser après avoir eu peur (cheval qu’on peut parfois catégoriser comme « imprévisible » et dangereux, qui semble n’avoir peur de rien, puis peut exploser d’un coup, sans crier gare). 

Alors, comment ai-je fais pour changer tout ça .? Eh bin justement, je n’ai pas cherché à changer mon cheval. Un cheval introverti ne deviendra pas extraverti, mais on peut apprendre à respecter sa personnalité, et l’amener à moins basculer dans les extrêmes (le cheval que j’ai actuellement au travail a tendance à exploser en cas de peur, et je lui apprend à trouver d’autres stratégies que ça pour s’apaiser.)

Je vais donc vous partager 3 stratégies qui m’ont été utiles, pour développer une belle relation avec ma jument introvertie.

1) Ralentir

Quoi ? ralentir alors que mon cheval est déjà super mou ?! 
Eh oui.. prendre le temps de commencer doucement, de laisser le cheval réfléchir (même si ce qu’on lui demande est facile ! ). Les chevaux introvertis ont besoin de temps pour rassembler leurs pensées, et prendre des décisions. Midnight, elle, va souvent rester immobile pour réfléchir, et ENSUITE seulement, va se décider à se mouvoir, une fois sa décision prise. 
Pour vous aider à voir la différence… Silver, une de mes juments extravertie, va bouger d’abord, et réfléchir ensuite (un peu comme un Bélier qui fonce puis réfléchis ensuite non ? hahahah). 
Je commence les séances lentement, en privilégiant les demandes de précisions (mettre le pied précisément à tel endroit, passer entre cette plante et ce caillou…). Ça va l’aider à se reconnecter à son corps, et à sortir de son mental. 
Au box, ou au pré, j’essaye de ne pas directement aller vers elle. J’attend qu’elle m’ait vu, j’attend à distance durant 30 secondes, puis elle vient vers moi, ou je vais vers elle (selon les situations). 

2) Demander peu mais souvent

Si je la laisse au pré pendant 2 semaines sans rien faire (pas de travail à pied ni monté), j’ai pu constater qu’elle devenait encore plus introvertie, encore plus « dans la lune ».
Les séances régulières (4 fois par semaine environ) l’aident beaucoup, et en allant à son rythme.
Je demande peu de choses, mais souvent, au sein d’une même séance.
Par exemple, je vais lui demander beaucoup de transitions rapprochées.
5 foulées de pas – un arrêt – 5 foulées de pas – 10 foulées de trot – 10 foulées de pas, 15 foulées de trot etc… 
Ça l’aide à faire peu à peu monter son énergie, sans se lasser. Ça bouge, c’est varié, elle doit faire attention à moi, et à mes demandes, donc ça ne lui laisse pas trop l’opportunité de se renfermer. 


3) L’amener à se décontracter

Un cheval introverti ne signifie pas cheval calme, pas du tout ! 
Un cheval introverti cache bien ses émotions, voilà tout ! 
Plus Midnight est « dans la lune », pas concentrée, et avec cette tendance de cheval un peu comme « éteint », plus je sais que quelque chose ne va pas (stress ou douleur). 
Dans certains cas, cela peut aussi vouloir dire que le cheval n’a pas associé l’humain avec du plaisir (on le cherche uniquement pour travailler, par exemple), est blasé, et donc, ne va pas voir POURQUOI il devrait faire attention à nous. C’est le cas de certains chevaux, et avec eux on va aller chercher le PLAISIR, les emmener brouter, les grattouiller, faire des séances plaisir et détente.
Avec Midnight, j’ai beaucoup travaillé sur la décontraction profonde avec elle, car même si elle paraissait calme, elle ne l’était pas en profondeur. Depuis qu’on a mis en place plusieurs stratégies de relaxation mutuelle (eh oui on amène le cheval à se relaxer, mais nous aussi on a du pain sur la planche pour relâcher nos tensions !), elle n’est plus autant renfermée qu’avant (d’ailleurs, elle n’a quasiment plus de dermite estivale ! un hasard ?). 
Je parle beaucoup de l’aspect décontraction dans ma formation Au Coeur du calme.
Le lien est ici : https://elainewagner1.simplero.com/page/119149
J’amène le cheval à se recentrer sur lui-même, à lâcher l’obsession qu’il peut avoir, vis à vis de certaines choses (les copains de pré, des éléments de son environnement qui peuvent le stresser, l’herbe qui le rassure…), pour comprendre qu’il peut se décontracter par lui-même, et avec notre aide. 
Plus le cheval introverti apprend à se décontracter, moins il va garder de tensions en lui, moins il va se renfermer, et donc moins il va exploser ! Vous voyez la logique ? 

Plus on apprend au cheval à redescendre en pression, plus il peut commencer à S’EXPRIMER (chose qu’il a du mal à faire, puisqu’il se renferme, et intériorise ses ressentis), plus il va sortir ses émotions, et se sentir mieux ensuite. C’est donc plus cool pour lui, il va se sentir mieux, et nous, de notre côté, on se sentira aussi bien plus en sécurité avec un cheval qui devient moins imprévisible. 

Une stratégie que je met en place, c’est de simplement ATTENDRE à côté du cheval. Ne pas chercher à le faire bouger, mais passer de longs moments immobile avec le cheval. 
Quand il commence à bouger, on va bouger avec lui, et se caler sur lui, au-lieu de lui demander de se caler sur nous. Par la suite, on va bien sûr équilibrer tout ça, mais en début de séance, ou même lors de l’approche au pré, on peut suivre les envies du cheval, pour lui montrer qu’on s’intéresse à lui, et qu’on ne lui demande RIEN.
Car chez certains chevaux, la simple DEMANDE de notre part (aussi simple est acquise soit-elle) peut lui mettre une certaine forme de pression, et l’amener à se renfermer. 

Elaine Wagner – Coach en relationnel Humain – Cheval
(texte publié le 1er Août 2020)

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Le Cap, Afrique du sud