Calme

Calmer mon cheval

Il y a quelques jours, j’étais en promenade à pied avec Midnight Sun, et plusieurs choses l’ont perturbée (elle voyait des chevaux au loin). Elle a perdu son calme, et je voyais à quel point c’était difficile pour elle. Elle me paraissait même désespérée par moments.
(Je ne sais pas si les chevaux ressentent le désespoir, mais en tout cas son énergie m’a fait penser à ça.)

Et j’étais avec elle, détendue, à la soutenir par mon attitude et mon calme.
À ce moment là, je me disais qu’il y a quelques années, je n’aurais pas du tout su gérer une telle situation. Je me serais emportée, j’aurais perdu mon calme, ma douceur, et mes peurs auraient eu le dessus.
Je pensais à ces situations dans lesquelles on perd confiance, et espoir. Ces moments de solitude dans lesquels on voudrait juste lâcher la longe et fuir loin de notre cheval qui s’est transformé en dragon, ou donner la longe à quelqu’un qui sait faire mieux que nous.

ON NE NAIT PAS CALME

Vous ne vous réveillez pas un matin en étant parfaitement calme, capable de gérer votre stress, et celui de votre cheval. C’est quelque chose qui s’apprend, c’est un processus.
À l’école, on nous apprend à retenir des leçons, nous dépasser, faire toujours mieux, avoir de bonnes notes, mais être détendu ? On ne nous l’apprend pas vraiment.
Et pourtant ça se travaille, ça s’apprend.
Si vous avez du mal à être détendu, gardez en tête que ce n’est pas une fatalité.

FUIR OU COMBATTRE

Quand nous avons peur, nous avons tendance à fuir (lâcher la longe et fuir, ou laisser le cheval fuir) ou à combattre (nous fâcher contre notre animal).
Dans les deux cas, nous allons contre nos peurs, nous les rejetons.
Nous rejetons nos ressentis, et ceux de l’animal.
Nous essayons de respirer pour contrôler nos émotions.
Nous crions sur notre cheval pour tenter de le calmer, car son énervement nous fait peur.
Nous aimerions nous sentir mieux, alors nous essayons de contrôler l’attitude du cheval, afin qu’il se calme et que nous puissions devenir serein nous aussi.

REGARDER POUR APAISER

Quand quelque chose m’inquiète, ou qu’une émotion désagréable arrive, je la regarde.
J’observe ce qui se passe en moi. Le coeur qui s’accélère, l’estomac qui se serre, des sueurs froides, une tension de la nuque, la mâchoire qui se crispe, etc…
J’observe sans juger, sachant que peu importe la sensation qui arrive, aussi désagréable puisse t-elle être, elle va évoluer, et s’apaiser d’elle-même.
Lorsque je parviens à observer mon corps de cette manière là, les émotions qui accompagnent ces sensations me paraissent moins menaçantes.
Si je parviens à développer cette pratique de la pleine conscience lors des moments simples, alors les situations de crise deviennent bien plus faciles à gérer aussi.

REGARDEZ EN VOUS

Lorsque le cheval perd son calme, qu’il a de grandes difficultés à s’apaiser, il va avoir besoin de votre calme pour prendre exemple.
Cherchez à inspirer votre animal plutôt qu’à le contrôler, tout simplement car ce sera plus efficace.
J’essaye d’inspirer mes animaux à être davantage dans le calme et la pleine conscience, en l’étant moi-même de mon mieux.
Leur calme se développe ainsi par “contagion”.
Si je pratique l’observation de mes sensations corporelles dans le but d’aider mon animal, cela ne fonctionnera souvent pas vraiment.
Quand vous essayez d’aider votre animal à tout prix, votre corps va se crisper, car vous avez peur de ne pas réussir.
Vous allez vous demander si votre observation est efficace, si c’est normal que votre cheval ne se calme pas au bout de quelques minutes.
Vous allez parfois redoubler d’efforts, alors que l’observation consciente, et le relâchement de son corps ne devrait pas solliciter d’efforts.

SE RELÂCHER C’EST EN FAIRE MOINS

Faire grandir le calme en soi, ce n’est pas utiliser encore plus de techniques pour y parvenir, c’est déjà commencer par en faire moins. Faire moins d’efforts, se donner moins de mal, ne pas essayer de “faire mieux”.
C’est ce relâchement qui aidera le plus votre cheval à se détendre à son tour.

Elaine Wagner – Tous Droits Réservés –